Odeurs de Loisirs aquatiques...à Moudong...ici en Guadeloupe

Publié le par Franck De La SALETTE

Les eaux côtières de Moudong-Sud seraient extrêmement polluées



Les sites propices à la pratique du kitesurf et de la planche à voile ne sont pas légion. Les plus connus sont surfréquentés, ce qui pousse certains pratiquants à se risquer sur des territoires vierges. Ainsi, Moudong-Sud est devenu, depuis quelques années, un plan d'eau de substitution, que fréquentent notamment les résidents et salariés de la zone de Jarry.
Mais l'un des usagers de ce site, prudent, a eu l'idée de procéder à un prélèvement de l'eau de mer et de le faire analyser par l'institut Pasteur. Les résultats qu'il nous a fait parvenir ont de quoi faire frissonner : les trois types d'organismes caractérisant une eau polluée - bactéries coliformes, entérocoques et escherichia coli - se retrouvent à des taux terrifiants.

Ponctuelle ou permanente ?

Qu'on en juge. Pour qu'une eau reste tout juste conforme à la baignade, les taux, pour 100 millilitres, ne doivent pas dépasser 30 pour les coliformes, et 45 pour les entérocoques (pollution fécale...) et les escherichia. Or, l'analyse révèle des taux respectifs de... 4 600, 549 et 4 502!
Une telle concentration - évidemment extrêmement dangereuse - semblerait indiquer que des égouts se déversent directement dans la mer, à proximité. Avis donc à ceux qui pratiquent des sports nautiques, voire à d'éventuels pêcheurs qui taquineraient quelques poissons dans ces eaux...
Reste qu'une telle pollution peut être ponctuelle - liée à un débordement ou un dysfonctionnement passager - et qu'une autre analyse serait bienvenue pour en confirmer la permanence. En l'occurrence, ce n'est pas la Direction de la santé qui semble concernée : la DSDS suit bien la qualité sanitaire des eaux de baignade, mais Moudong-Sud ne fait pas partie des sites de baignade recensés. Les autorités compétentes en cette circonstance seraient plutôt la Daf (Direction de l'agriculture et de la forêt) et la municipalité de Baie-Mahault. Un panneau avertissant du risque serait un minimum...

Fréquenté depuis au moins trois ans

« Nous sommes quelques dizaines à fréquenter régulièrement ce site, depuis trois ou quatre ans, confie Florence. Cette analyse, c'est un ami qui l'a demandée. Il débutait le kite et avait tendance à tomber souvent et à boire la tasse. Compte tenu de la couleur de l'eau, il a préféré en avoir le coeur net. Depuis que nous savons ce qu'il en est, nous ne venons plus. Mais d'autres, qui demeurent notamment dans les nombreuses résidences construites à proximité immédiate, ne sont pas au courant et continuent à pratiquer ici planche à voile, kite, voire surf... »

source: France Antilles 01/09/2009
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