Odeurs de SITCOM au SICTOM...à Sainte Anne...ici en Guadeloupe

Publié le par Franck De La SALETTE

SAINTE-ANNE

LA VILLE RÉUTILISE LA DÉCHARGE fermée depuis six ans

 

Fin août, un feu s'était déclenché dans un tas de déchets à l'entrée de la carrière, qui jouxte la décharge, sur le chemin emprunté par le bulldozer pour rejoindre le site...Les riverains n'hésiteraient pas à venir jeter leurs ordures à l'entrée.
La décharge de Delair, fermée en 2003, connaît un regain d'activité depuis plusieurs mois. Des enfouissements d'ordures ménagères (selon ce que nous avons pu constater) y seraient opérés depuis le début de l'année. Pour une commune membre du Sictom (Syndicat intercommunal de collecte et de traitement des ordures ménagères), ça fait désordre. Mardi matin, sur le site, la barrière, habituellement cadenassée, est ouverte à tous vents. L'avis de fermeture apposé il y a plusieurs années n'est plus que décoratif, car depuis quelque temps l'ancienne décharge semble avoir repris du service.
Un bulldozer se faufile à travers les bois qui bordent la décharge et ressort directement sur le site. Le chauffeur a, apparemment, rendez-vous avec le conducteur d'un autre camion qui a déjà déchargé sa livraison du matin : un tas impressionnant de sacs poubelle. L'autre camion est, selon toute vraisemblance, un véhicule communal revenant d'une tournée de ramassage. Pas question de laisser les ordures ménagères trop longtemps visibles. Elles gisent sur le sol et les chiens et pique-boeufs des alentours s'attablent. Le camion ne fait pas de vieux os sur le site.
Pour le chauffeur du bulldozer, juste le temps de s'allumer une cigarette et il commence sa tâche : enfouir les ordures. Un premier passage pour tenter d'étaler le tas, un deuxième pour peaufiner. Ainsi de suite jusqu'à obtenir une couche aplanie.
Le travail est digne d'un rouleau à pâtisserie sur une pâte brisée. Mais en guise de pâte, des déchets de familles saintannaises. Puis, la machine commence à pousser du tuf par-dessus. De quoi recouvrir, ni vu ni connu et à l'abri de toutes narines sensibles, tous ces sacs poubelles dans une décharge censée être fermée. Du grand art, car une fois cette opération terminée, impossible de retrouver des traces visibles d'un quelconque dépôt d'ordures.

Explications et mauvaise foi

Aux services techniques, le directeur M. Salles, qui consent à nous recevoir à l'improviste, reconnaît bien sur les photos un camion de son service mais affirme : « Je n'en savais rien. Je ne savais pas que ça se faisait encore puisqu'on a des camions qui vont tous les jours à la Gabarre » . À vrai dire, le directeur reconnaît que, pendant la crise sociale, amener les déchets à l'ancienne décharge a été une solution d'urgence. « Nos camions ne pouvaient pas passer » , dit-il. Mais M. Salles affirme ne pas être au courant des dépôts récents, la commune envoyant officiellement toutes ses ordures ménagères à la Gabarre.
Pourtant, certains témoins sont catégoriques : le ballet opéré par le bulldozer est continuel depuis le début de l'année. Et puis, comment croire qu'à l'initiative d'un seul agent communal, un appareil de BTP se rende sur le site afin d'enfouir des déchets ? En réponse, le directeur avance que la présence du bulldozer s'explique par le fait que des projets de centre de transfert et de déchetterie sont en cours. Il y aurait alors, selon lui, des opérations de préparation du site. Une explication décidément difficile à croire (lire par ailleurs). En tout cas, à l'évocation de ces faits, certains observateurs font remarquer des chiffres inquiétants dans les rapports d'activités du syndicat intercommunal. « On ne peut s'empêcher de se demander ce qu'il advient de certains déchets d'autres communes quand on remarque des écarts importants entre ce qui devrait rentrer à la Gabarre, étant donné le nombre d'habitants, et ce qui rentre effectivement » , confie une source.

ALDO BLAISE, MAIRE : « Les Guadeloupéens sont des malpropres »


Vous m'appelez pour me demander pourquoi les Guadeloupéens sont des malpropres ? Votre rôle c'est d'éduquer les gens. Questionnez-vous pour savoir pourquoi il y a des encombrants sur la route alors que nous avons plusieurs ramassages par semaine ou interrogez le Sictom, je suis membre du Sictom.

- Un site convoité par le Sictom

L'implantation d'un centre de transfert et d'une déchetterie serait en projet sur le site de l'ancienne décharge. Une réunion a d'ailleurs eu lieu il y a environ trois semaines à ce sujet entre les deux services.
« On remet en ordre la décharge et on met du tuf pour pouvoir poser dessus les bâtiments » , explique le directeur technique.
Remblais, compactage, essai de charge : les termes utilisés par M. Salles sont techniques.
« C'est une technique de traitement, allez voir à Saint-François, c'est la même chose » , explique-t-il. Il conclut : « Si les ordures ménagères étaient un bon remblai, ça se saurait! » . Le directeur s'embrouille dans ses arguments. Autre élément : le marché pour la réalisation des structures n'est pas lancé.

Selon Michel Rinçon, président du Sictom, « le marché d'appel d'offres va être lancé d'ici un mois » .
Il n'y aurait donc apparemment aucune raison qu'une machine se trouve sur le site de la décharge en vue d'une quelconque remise en ordre si aucun marché n'est lancé. Pour finir, si les projets aboutissent, reste encore à savoir qui va payer les frais d'enlèvement des enfouissements récents. Enfouissements que le Sictom dit ignorer, en tout cas pour partie. « Je savais que Sainte-Anne avait dû adopter une solution d'urgence pendant la crise. Mais je pensais que c'était fini. Je ne pensais pas que ça continuait » , affirme-ton au syndicat.
Michel Rinçon, le président du Sictom, confirme qu'il y a bien un projet de centre de transfert et de déchetterie sur le site de l'ancienne décharge.



source: Stéphanie SÉRAC France-Antilles Guadeloupe 17.09.2009
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